Concilier agriculture et cours d’eau

Présentation

Occupant 44% de la surface du bassin versant (soit environ 72 820 ha exploités par au moins 950 agriculteurs différents ; source : RGP,2016), l’agriculture est une activité importante sur le territoire. Elle utilise ces surfaces à 86% pour des prairies permanentes ou temporaires et à 14% pour des terres arables (soit une surface 6 800 ha, environ 4% du bassin versant). Les surfaces en herbe (en particulier les prairies naturelles) sont très favorables au maintien des espèces qu’elles soient animales ou végétales et jouent un rôle important dans la préservation de la qualité de l’eau. Les prairies naturelles sont des prairies permanentes n’ayant jamais été retournées ni ressemées. Tout un cortège floristique très diversifié peut ainsi s’exprimer spontanément et permettre à toute une faune, notamment aux insectes, de trouver un habitat favorable à leur développement.
Elles permettent ainsi aux cours d’eau d’avoir un apport en nourriture adapté et des habitats fonctionnels à travers la ripisylve. Depuis la déprise agricole, bon nombre de ces prairies ont été boisées car elles étaient trop contraignantes à exploiter, n’apportant plus aujourd’hui d’intérêt au cours d’eau (plantations d’Epicéa ou de Douglas impactant fortement les cours d’eau). Malgré tout, sur le bassin versant de la Dore, de nombreuses prairies bordent l’ensemble des cours d’eau. L’activité d’élevage contribue fortement à la préservation de la biodiversité par le maintien des prairies. Néanmoins, certaines pratiques agricoles, lors de l’abreuvement, peuvent nuire aux milieux aquatiques s’il n’est pas maîtrisé.

Les travaux

Les travaux sont portés par le syndicat mixte du Parc sur une bande de 6 m de part et d’autre du cours d’eau et réalisés par l’équipe technique en régie.

Les travaux de maîtrise du piétinement consistent à mettre en place ou déplacer des clôtures suffisamment en retrait du cours d’eau afin de limiter le piétinement des berges par le bétail. Ils sont souvent associés à la sécurisation des points d’accès pour l’abreuvement. Un travail préparatoire de gestion de la ripisylve est nécessaire avant la mise en place de ce type de travaux.

Principe d’intervention

  • Conventionnement avec le propriétaire et/ou l’exploitant.
  • Aucune participation financière n’est demandée aux propriétaires.
  • Travaux réalisés principalement par l’équipe rivière (régie) avec l’aide de l’exploitant et/ou le propriétaire s’il le souhaite.

Descriptifs

  • Mise en place de clôture, voire déplacement si elle est existante, en recul suffisant du sommet de berge.
  • Sécurisation des zones d’accès pour l’abreuvement par reprofilage et consolidation de la berge afin d’obtenir une descente en pente douce puis par mise en place de concassé sur la zone d’accès au cours d’eau et d’un système de limitation d’accès au cours d’eau par le bétail (barrière en rondins ou clôture adaptée).
  • Éventuellement, mise en place d’abreuvoirs en dérivation en berge convexe (prévoir un entretien régulier) ou des pompes à museau.
  • Mise en place de boutures et jeunes plants d’essences indigènes adaptées aux endroits où la ripisylve est absente du fait d’un abroutissement important.
Zone d’abreuvement (commune de Fournols)
Passage à gué (commune de Noirétable)

Les actions en lien avec cette thématique